Un prébiotique du sol peut-il aider le maïs à faire face à la sécheresse ?

La campagne de maïs a de nouveau été marquée par un été sec et des épisodes de canicule, ce qui a eu un impact sur sa productivité. Très exigeante en eau, cette culture se voit directement menacée par les épisodes de déficit hydrique de plus en plus fréquents en Europe. C’est dans ce contexte que les chercheurs de la chaire BIOMES d’UniLaSalle, ont mené une expérimentation pour mieux comprendre le rôle d’un prébiotique (Nutrigeo) dans la culture du maïs soumis à un stress hydrique.
Les résultats de leur expérimentation ont été publiés sous la forme d’un poster scientifique présenté à la conférence Ecology of Soil Microorganisms 2025 à Helsinki en juin. Décryptage :
Une expérimentation contrôlée
Pour évaluer l’effet du prébiotique sur le maïs soumis à la sécheresse, les chercheurs ont mis en place un dispositif expérimental rigoureux en serre.
Conditions de l'étude : Le sol a été réparti en pots et soumis à deux régimes d'arrosage : 70 % de la capacité de rétention en eau (WHC), servant de témoin, et 30 % WHC, induisant un stress hydrique. Quatre traitements ont été comparés : un groupe témoin (sans aucun apport), un apport d'azote minéral seul, un apport du prébiotique Nutrigeo, et une combinaison du prébiotique Nutrigeo et d'azote.
Mesure de la croissance : Les plantes ont été divisées en parties aériennes et racines, puis séchées en étuve (65 °C pendant 48 heures). La biomasse sèche obtenue a servi d'indicateur de croissance et de tolérance au stress.

L'évaluation de la fertilité des sols a été réalisée en mesurant plusieurs enzymes clés via des tests colorimétriques. Ces enzymes (b-glucosidase, uréase, phosphatases, arylsulfatase) sont incubées avec un substrat spécifique, libérant un composé coloré qui est ensuite mesuré par spectrophotométrie.
La diversité et la structure des communautés microbiennes ont été analysées à partir de l'ADN extrait du sol de la rhizosphère. Un séquençage haut débit a été effectué (ARNr 16S pour les bactéries, ITS pour les champignons).
Ces approches combinées offrent une vue d'ensemble de la croissance végétale, de la vitalité biologique des sols et de leur diversité microbienne.
Résultats et enseignements
Le stress hydrique a fortement réduit la croissance du maïs, mais l’apport de Nutrigeo a permis d’atténuer cette baisse Dans les conditions extrêmes de stress hydrique de l’essai avec une perte de 43%, le prébiotique l’a compensé à 44% pour la modalité prébiotique seul et de 67% quand ce dernier est associé à l’azote.
Sur le plan microbiologique, Nutrigeo a intensifié l'activité enzymatique du sol, optimisant ainsi la libération des nutriments. Il a également favorisé les micro-organismes cruciaux pour les cycles de l'azote et du carbone, essentiels à la fertilité du sol. En contribuant à une plus grande diversité microbienne, Nutrigeo améliore la résilience des sols face aux aléas climatiques et renforce l'écosystème sol-plante-micro-organismes.
Comme le résument les chercheurs d’UniLaSalle : « Stimuler la vie microbienne des sols, c’est donner à la plante les moyens de mieux se défendre contre le stress, tout en construisant des systèmes agricoles plus résilients. »
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Cet article a été rédigé et illustré par notre partenaire. La rédaction d’aladin.farm n'a pas participé à sa production ni aux choix des visuels.
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